L’estimation de prix d’une image de synthèse d’architecture – 2/7 – Informations et documents nécessaires

Cet article, consacré aux informations et documents nécessaires, fait suite à l’article

Si ce n’est déjà fait, je ne saurais trop vous conseiller de commencer par le premier article de la série pour avoir une vision globale et cohérente de l’établissement d’une offre de prix pour la réalisation d’une image de synthèse d’architecture.

Les données disponibles sont-elles suffisantes ?

Si la réponse est positive, vous pouvez passer directement à la suite

Si ce n’est pas le cas, vous avez tout intérêt à demander un complément d’information. Si ce n’est vraiment pas possible, mieux vaut ne pas proposer de prix forfaitaire et vous rabattre vers un prix horaire en régie. Si votre client est incapable de vous donner d’informations précises au moment du devis, cela risque d’être également le cas en cours de projet avec de nombreux aller-retour infructueux, dévoreurs de temps et de rentabilité.

Les documents sont-ils de bonne qualité

Les informations reçues sont-elles complètes ?

Disposez-vous des documents et informations suivants:

  • plans (bâtiment(s), implantation et abords, relevé du terrain)
  • coupes
  • élévations
  • matériaux utilisés – Il n’est pas essentiel, à ce stade, de connaître avec exactitude chaque matériau utilisé. Ce qui est important, c’est de pouvoir délimiter les surfaces utilisant des matériaux différents pour ne pas devoir faire les subdivisions à posteriori.
  • résolution de l’image finale – On ne détaille pas autant une image destinée à être affichée sur un site web qu’une image de promotion destinée à être affichée sur un panneau de plusieurs mètres carrés. De plus, le calcul d’images en très haute résolution prend beaucoup plus de temps qu’une image en basse résolution, ce qui peut avoir une incidence sur le temps de réalisation… et donc le prix d’une image.

Ces documents sont-ils bien définitifs ? Ou la conception du projet risque-t-elle d’évoluer encore profondément durant la réalisation des images de synthèse ?

Comme nous le verrons dans un prochain article, certaines modifications ne prennent que peu de temps. D’autres, suivant la méthode de modélisation choisie voire imposée, peuvent nécessiter de recommencer la modélisation depuis le début. Si vous savez que le projet risque de changer en cours de réalisation, il peut être intéressant de sélectionner une méthode de modélisation qui autorise plus facilement les adaptations. Et n’oubliez pas d’indiquer clairement dans votre contrat les modifications qui sont comprises dans votre offre et celles qui ne le sont pas et qui seront facturées en sus.

Les informations sont-elles suffisamment détaillées

Votre client vous a-t-il expliqué précisément l’usage qui sera fait de vos images ? Etes-vous en mesure de déterminer ce qui devra apparaître sur ces images (éléments d’environnement, mobilier urbain, éléments d’ambiance (végétation, véhicules, mobilier urbain, etc.)

Avec l’expérience, vous remarquerez vite que certaines zones de projets sont laissées volontairement ou non dans une sorte de flou artistique.

On traitera ça sur le chantier

En infographie 3D d’architecture, il n’y a pas de place pour l’abstraction, tout au plus pour des zones moins détaillées.

J’ai d’ailleurs déjà pu remarquer que la visualisation de mes images de travail permettaient souvent d’identifier (et de régler) des problèmes non détectés en plans 2D. C’est pourquoi je conseille systématiquement à mes clients architectes l’utilisation du logiciel Sketchup pour la phase d’esquisse du processus de conception.

Documents papier

Les plans sont-ils cotés ? Cela vous évitera la tâche fastidieuse de mesurer toutes les dimensions nécessaires sur les plans. Sur chantier, il est interdit de prendre des mesures directement sur les plans pour éviter toute imprécision, autant faire de même pour une construction virtuelle.

Documents numériques

On considère habituellement que le fait de recevoir des plans numériques permet de gagner beaucoup de temps. Dans la pratique cependant, ce n’est pas toujours le cas. De nombreux problèmes peuvent survenir qui risquent de faire perdre beaucoup de temps:

Précision de dessin
Les polygones sont-ils fermés, les arêtes jointives ? L’opérateur a-t-il utilisé des calques ou couleurs pour hiérarchiser ses plans de manière pratique et logique ? Si ce n’est pas le cas, prévoyez du temps pour nettoyer et corriger les plans reçus. Cela peut parfois représenter une part importante du temps de réalisation.
Tous les éléments des plans sont-ils bien dans le même plan dans l’axe des Z ? Travailler avec des extrémités de lignes qui se promènent en 3D peut se révéler un « sport à haut risque » !
Qualité de l’exportation
Tous les logiciels ne sont pas égaux en ce qui concerne les possibilités et la qualité de l’exportation des données vectorielles.
Dans certains cas, il peut y avoir des imprécisions ou la perte de données (comme les calques, les types de ligne ou encore les hachures). C’est notamment le cas avec certains logiciels d’architecture comme VectorWorks qui appliquent des baies de fenêtre ou de porte en superposant des éléments opaques pour simuler un percement. Une fois converti en DWG, on se retrouve avec une superposition de traits souvent difficile à démêler.

Tous ces problèmes peuvent entraîner des erreurs d’interprétation et donc des modifications et délais de réalisation plus long. Mieux vaut en tenir compte dans votre offre.

Un des meilleurs moyens pour réduire les risques de mauvaise compréhension des plans est de demander en complément une version imprimée au format PDF.

Dans l’article suivant, j’aborde l’influence des points de vue et de l’environnement dans l’estimation du prix de réalisation d’une image de synthèse d’architecture.

Si vous souhaitez recevoir une offre de prix sans mauvaise surprise, demandez votre.

4 commentaires


  1. Perso, nous demandons des versions JPG et/ou PDF systématiquement, ne fût-ce que pour comprendre les hatchs et légendes qui disparaissent lorsqu’on importe du DWG en Sketchup.
    Même Trueview a tendance à supprimer des données, par exemple lorsque le client n’envoie pas ses plotstyles… ;-)

    Quant à Autocad, (surtout entre les mains des géomètres), c’est le ticket assuré pour les problèmes de précision (aussi contradictoire que cela puisse être, modéliser correctement en sketchup est souvent plus précis que sous Autocad). J’appelle cela le « syndrome du numéro de téléphone » (les cotes qui arrondissent des distances qui en fait sont tout sauf rondes, comme 139,99983588446511568453515… au lieu de 140cm). J’ai déjà remarqué que ces imprécisions corrompent le modèle skp qui se base dessus. Subitement, les faces coplanaires se retrouvent criblées de lignes triangularisantes et cela reste visible au rendu.
    Bref, à la limite on préfère les fichiers DWG issus de Vectorworks ou ArchiCAD, qui, eux, semblent moins affectés par ce problème de numéro de téléphone.

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